Au centre, un homme avec sa guitare, chantant des trucs simples, avec des accords simples. Ils sont faits pour être ensemble. Rien d'extraordinaire, mais il croit en sa musique, on voudrait y croire pour lui. Autour de lui, un accompagnement de violons, de violoncelles, et un piano majestueux, Une contrebasse, elle aussi imposante... Tout cela se concentre autour du mec, seul, comme dans une bulle. Au dessus de tout ce petit univers, un ciel étoilé, pas un nuage, il fait froid. En dessous, des planches de bois en forme de souvenirs, on marche dessus, on les fait craquer, parfois on y prête attention, mais on reste au dessus de tout ça. Devant la scène, la mer. A perte de vue, une foule de molécules d'eau venue assister à une représentation qui ne fera pas de vagues. Pas un bruit, pas de vent, pas de mouvements, pas de rochers... Derrière, des techniciens qui laissent aller, ce n'est pas leur spectacle paraît-il.
Le spectacle commence, pas de pogo, pas de danse, pas de balance. Juste un chant finement défini pour chaque instrument, un ensemble cohérent et agréable. En théorie, comme les partitions le prévoient.
L'homme se retourne, l'acoustique n'est pas bonne selon lui, quelque chose ne va pas, on cherche de l'aide. Pas d'aide des techniciens, c'est la saison des châteaux de sable. On trouve soi-même des coupables. Toi le violon, toi la contrebasse, les violoncelles, partez. Ce sera mieux sans vous.
On reprend, le son est plus clair, plus épuré, plus simple, plus agréable... Plus fragile. Le spectacle évolue, l'attention se porte sur l'homme et la guitare, sur ces sons si basiques, déjà entendus, et sur cette voix qui n'a rien d'exceptionnel. Peu importe, c'est la phase solo, obligatoire paraît-il pour contenter les spectateurs. Qu'en pensent-ils ? Rien, ils ne pensent pas. Ça ne sert à rien de penser, cela évite de faire des vagues et de donner son avis. D'ailleurs, l'homme devrait arrêter de penser, le moment le plus technique est pour bientôt.
Quelques erreurs, rien de rigoureux, quelques rafales de vent, rien de bien méchant. L'homme n'est pas satisfait, renvoit le piano dans les coulisses. Pas le temps de chercher un responsable, il faut assumer et continuer le show, l'homme a fait de son mieux, les spectateurs se rendront compte des efforts faits, ils ne s'attendaient pas à voir un chef d'oeuvre non plus hein ?
Les spectateurs ne disent rien, quelques remous parfois mais rien d'inquiêtant. L'homme se laisse griser par l'avancée du concert. Partager ces moments de non-intimité avec sa guitare est un plaisir. Setlist extensible au possible, libre à lui d'arrêter et de refuser les rappels, s'il y en a. Il ne le fera pas, préfèrant montrer qu'il est digne d'intérêt, qu'il vaut le coup d'être écouté. L'est-il déjà ? L'homme devrait arrêter de penser...
(à suivre...)



Coups de coeur 




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), le travail dans l'urgence semble avoir porté ses fruits... mais la suite ne confirme pas (

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